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UNE PECHE PEU ORDINAIRE

Ete 1945 à Collo

par André S.

 

 


Parcours de ce trésor dans le site merveilleux de la presqu'île de Djerda.



Eté 1945, je passe  mes matinées à chasser le poisson au fusil harpon. J’avais un coin discret dont je revenais rarement bredouille.

Alors que je  commence à me sécher sur les rochers, j’aperçois un carré de cuir dérivant a quelques mètres du bord. Je songe immédiatement aux avions et bateaux qui il y a encore quelques mois, sombraient au large.

Je  plonge et en quelques brasses récupère cet objet qui s’avère être un portefeuille ! Au sec,  je l’examine ; il est bien bourré et de ce fait, seuls les bords des documents sont mouillés. Moins plein il se serait imbibé et alourdi puis aurait coulé ?
Délicatement je l’entre-ouvre et  lis une carte de visite au nom de Paul C… qui n’est autre que le beau-père  d’un ami qui se dore en ce moment sur la plage.
Je m’habille, le rejoint et lui demande : « Pa-Paul, c’est ainsi que nous l’appelions, n’a-t-il rien perdu ce matin ? Il me répond : « Oui, comment le sais-tu » , voyant ma trouvaille, il ajoute  « Monte vite lui porter, il est effondré »

Quelques minutes plus tard, c’est l’été, tout est ouvert, je trouve Pa-Paul, assis là, les coudes sur la table, la tête entre les mains, et je lui crie « Pa-Paul ! je vous apporte ma pêche »  en brandissant le porte feuille. Son regard irrité fait immédiatement place à une perte de souffle, bouche grand ouverte cherchant l’air !  Retrouvant ses esprits,  il me révèle la richesse de ma découverte : Il y a là, les cartes d’alimentation, les cartes de vêtements,  un billet de 5000f et d’autres documents.

Il me pria d’aller à la poste, Papa était receveur, d’aller retirer la lettre qu’il adressait en secours à sa banque. Je ne sais comment il l’obtint, mais  nous eûmes droit, toute notre bande, à une bouteille de champagne.

Parti de bonne heure pêcher en barque, il avait doublé la pointe de la presqu’île et probablement perdu, dans les eaux agitées du cap,  le porte feuille glissé dans sa «poche-revolver » de l’époque.


Cet  exploit eut droit à  la chronique locale « COLLO »  de  l’Echo d’Alger